Les lauréats 2015

Participer à un concours est une expérience intéressante pour un photographe car cela impose de prendre du recul par rapport à son propre travail. Il faut effectuer une sélection et tenter de choisir les images qui pourront séduire le jury. De l’autre côté du miroir, le rôle de jury amène des gens d’horizons différents à effectuer un choix restreint parmi un grand nombre d’images. Cette sélection peut se révéler cornélienne et cette année, le concours du Festival Signé Nature a séduit 111 photographes qui ont envoyé 750 photos ! Cela représente de nombreuses belles images qui ont dues être écartées pour obtenir la sélection finale. En tant que président du jury, je souhaite remercier tous ces photographes et je les encourage à réitérer l’expérience.

Six catégories étaient représentées. A mon sens, la plus compliquée à juger fut la catégorie « Reportage » qui impose de trouver le bon équilibre entre qualité photographique, naturaliste et rédactionnelle. Je pense que les membres du jury sont d’accord sur ce point. Félicitations à tous les participants, ce fut un grand plaisir de découvrir vos reportages !

Je vous laisse découvrir la sélection, reflet d’un choix collégial qui, je l’espère, vous séduira… Aux sept prix attribués, s’ajoute un prix « Coup de coeur du jury » récompensant une superbe image empreinte d’émotion ! Félicitations aux lauréats 😉

Walter Barthélemi

Les lauréats…

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Découvrez désormais le reportage photo nature dans son intégralité…

Dans les vieilles forêts de montagnes

Dans les vieilles forêts de montagnes, vit la plus petite chouette d’Europe. A peine plus grande qu’un poing, elle est célèbre pour sa grande discrétion.

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Longtemps je l’ai cherché, suivant les dires des quelques personnes ayant déjà eu la chance de croiser son regard et recherchant inlassablement des écrits me permettant d’en savoir plus sur la chouette aux yeux d’or. Au fil du temps, j’ai glané quelques indices, mais je n’ai fait que très peu d’observations malgré de longues soirées passées en montagne. Puis, un jour d’avril, cette obstination m’a mené sur le territoire d’un couple cantonné.

Cette trouvaille, pendant la période des accouplements, m’a poussé à revenir, jours après jours durant 3 mois afin de mieux comprendre, mieux connaitre et rendre les saisons suivantes plus faciles. Ces observations me donnent aujourd’hui la chance de bien les connaitre, bien plus que quelconque autre espèce. C’est l’histoire d’une rencontre qui débute en fin d’hiver et qui dure jusqu’à ce que les neiges d’automne rendent la forêt muette.

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Les chants commencent en janvier, alors que la neige recouvre encore de son doux manteau l’ensemble de la forêt. Le mâle Chevêchette ne chante que durant de courtes périodes, pour marquer son territoire.La forêt est alors silencieuse, les passereaux se déplacent en groupe pour trouver leur pitance, tandis que les chamois se déplacent le moins possible pour ne pas gâcher une énergie trop précieuse. Le soir venu, seul le chant de la Chevêchette et de la Chouette de Tengmalm résonne. Les mâles appellent une femelle, qui ne viendra que plus tard à leur rencontre.

En février, les couples se forment et les accouplements vont bon train. Le mâle fait visiter à la femelle des loges, ces cavités construites par le Pic épeiche ou le Pic tridactyle. La présence de ces espèces est indispensable à notre petite chouette de montagne, sans eux point de loge et sans loge point de Chevêchette d’Europe.

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C’est madame qui choisit la cavité qui lui conviendra le mieux et qui abritera sa couvée. Pour montrer les loges à sa compagne, le mâle capture une proie, appelle la femelle, et rentre dans la loge. La femelle voulant se nourrir sera obligée d’aller elle-même chercher sa nourriture, faisant par la même le tour du propriétaire.

En mars et avril, la femelle pond et couve. Se sont de 3 à 7 œufs qui sont déposés au fond de la cavité, ils seront couvés après la ponte du dernier afin de permettre à toute la couvée de naître le même jour. Pendant la couvaison, les oiseaux se font très discrets, seuls quelques cris de position permettent de localiser le mâle lorsqu’il vient ravitailler la femelle.

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La naissance des jeunes à lieu fin avril début mai, le mâle doit alors s’activer pour ramener assez ne nourriture pour toute sa descendance. Il chasse toute la journée puis offre les proies à la femelle qui ira à son tour nourrir les jeunes. Ainsi, la femelle ne s’éloigne jamais de la loge, occupée à observer ses jeunes et à repousser quelconques intrus.

Le mâle capture des micromammifères ou des passereaux. Une fois attrapés, il les décapite d’un coup de bec. Le crane lui revient, laissant le reste de corps pour sa progéniture.

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Les allers-retours incessants des adultes laissent place à des observations magiques, captures de proies, échanges de nourriture ou nettoyage de la loge, l’activé des adultes est à son paroxysme et permet l’observation de belles séquences de vie.

Les jeunes s’envoleront en juillet, ils resteront sur le territoire de leurs parents jusqu’à’ à l’automne, période à laquelle le mâle recommencera à chanter, pour asseoir sa suprématie dans son royaume.

Daniel Rodrigues