Les lauréats 2014

Voici les résultats du 1er Concours Photo Nature du Festival Signé Nature. Les membres du jury ont eu à choisir les lauréats parmi plus de 500 photographies envoyées (70 participants de 4 nationalités).

Prix de la catégorie « Mammifères sauvages », Walter Barthélemi avec « Face à face »

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Prix de la catégorie « Oiseaux sauvages », Grégoire Trunet avec « Pic noir »

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Prix de la catégorie « Autres animaux sauvages », Patrick Goujon avec « El gecko »

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Prix de la catégorie « Paysages sauvages », Clément Fouet avec « Spectacle nocturne »

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Prix de la catégorie « Flore sauvage », Christian Bavoux avec « Les élégantes »

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Prix de la catégorie « Reportage Photo Nature », Samuel Jouon avec « La Loutre et les crapauds »

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Pendant une longue période chassée et piégée pour sa fourrure et victime de la destruction progressive de ses habitats, la loutre d’Europe, autrefois présente dans toute la France, a vu ses populations décliner de façon importante. A la fin du 20ème siècle, seuls quelques « noyaux » d’individus subsistent notamment sur quelques rivières du Centre Bretagne, là où se passe la scène de chasse faisant l’objet de ce reportage photo.

 Depuis, la loutre (Ki dour en breton) est protégée et fait l’objet d’actions de préservation par différents gestionnaires de la biodiversité et des cours d’eau en Bretagne. La qualité de l’eau s’améliore aussi doucement. Aujourd’hui la loutre revit et sa population regagne peu à peu d’autres rivières bretonnes…

 Photographe naturaliste résidant dans le Trégor (22), je suis parti à la recherche de cet animal emblématique et discret. Cela fait déjà plusieurs années que je la traque, l’observe parfois, mais souvent de façon trop furtive et éloignée. Mais, je sais que sur cet étang, elle est présente régulièrement. Différentes traces trahissent sa présence. Des empreintes dans la boue… Des épreintes à l’odeur de miel déposées sur des cailloux ou des souches ici et là. Il y a peut-être plusieurs individus ?

 Ce jour-là, à nouveau, il y a fort à parier que l’affût au bord de l’étang ne donnera rien… à part peut-être quelques foulques de passage ou avec un peu de chance, le passage de la flèche bleue du martin pêcheur. On ne sait jamais, la persévérance finira peut-être par payer ?

 Mais ce jour-là ne fut pas comme les autres ! En plein milieu d’après-midi, venue de nulle part, elle est enfin là, à proximité. D’ailleurs, je pense qu’elle m’a repéré malgré ma discrétion. Mais peu importe, elle a décidé que c’était l’heure de son repas et rien ou presque ne pourrait la faire changer de programme. Le rassemblement important de crapauds sur ces bords de l’étang en cette saison sera un met parfait pour le mustélidé opportuniste. Gracieuse lorsqu’elle se déplace tranquillement sur l’étang, l’agile mammifère devient un prédateur redoutable au moment de passer à table. Les crapauds autour d’elle ont peu de chance face à la rapidité de la loutre sous l’eau. En quelques coups de dents, la proie est dépecée et il ne reste qu’une guenille. Et déjà la loutre est repartie en chasse d’une deuxième puis troisième proie. La belle ne tient pas en place, impossible de savoir à l’avance où et quand elle va ressortir de l’eau. Et quand, je la repère, elle est quasiment déjà repartie sous l’eau, à quelques mètres. Soudain, une seconde loutre fait alors son apparition ! Quelques secondes de jeu avec la première puis elle repart sans que je sache vers où… La rencontre entre les deux individus fût si brève qu’aucun cliché esthétique ne pourra retranscrire ce moment gravé dans ma mémoire… Mais la première loutre reprend sa chasse, enfin, son festin… Trois quart d’heure de chasse effrénée et un repas bien rempli pour la reine de l’étang. Quelques crapauds en moins et loutre bien rassasiée qui finira son après-midi dans les herbes hautes pour une sieste digestive bien méritée… Alors je laisse la loutre se reposer. Je m’éloigne doucement considérant que c’est le moment. Elle m’a autorisé à l’osbserver pendant un long moment déjà, il est temps de l’abandonner. De toute façon, la carte mémoire de mon reflex est pleine. Reste à savoir si les clichés seront à la hauteur de l’émotion ressentie face à cette scène de nature sauvage incroyable !

 Ce jour-là n’était assurément pas un jour comme les autres pour moi. Alors que je rentre émerveillé de ma rencontre avec « Ki Dour », je rêve déjà d’un nouveau tête à tête un autre jour peut-être, quand elle l’aura décidé…

Et le GRAND PRIX du jury 2014 revient à

Patrick Goujon avec sa photographie « Mante rainette et pomme de pin ».

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 Un prix d’encouragement a été remis par la Fondation GOODPLANET et l’association Silva « Photographions la Nature » au jeune Florent Covet pour son image « Les griffes hivernales ».